Photo en blanc et noir, très série noire !

Au flash (strobist), En exterieur

Pour cette « Série noire » j’ai improvisé.

Ou « Comment se débrouiller avec ce que l’on a sous la main »…

Mise en situation :

Je participe à un marathon photo et le thème de l’une des photos à réaliser est « Série noire »…
Je suis claqué, ça fait 7 heures que je cavale à la recherche d’idées, et c’est là qu’on réalise que réfléchir c’est fatiguant… Je dois rejoindre deux amis pour aller boire un café, quand l’idée me vient de les photographier dans un genre très « affiche de Polar à l’ancienne ».

Il fait beau on s’installe en terrasse…

Sous la main pas vraiment de décor adéquat, ni d’accessoires très Polar. Va trouver un Borsalino et un Beretta un samedi après-midi en une heure… N’ayant d’ami ni dans la police, ni dans la pègre et encore moins à la NRA, il va falloir faire simple.

Une cigarette fera l’affaire comme accessoire.
Pour le décor je décide de le faire disparaitre !

Pour rester dans l’esthétique « Série noire » je choisis une lumière assez dure et directive, venant du bas pour renforcer les traits et la noirceur d’âme de ces deux Apollons !

Pour en finir avec le blabla je dois encore vous révéler un secret qui aura son importance lors les explications plus techniques : en fait il s’agit de deux photos assemblées. Les zapolons ayant été photographiés un par un, à peu près au même endroit.

Comment faire disparaitre le décor sur une photo ?

Évidement ça n’est pas toujours possible bien que cela soit bien souvent tentant…

Le sujet et le décor étant ombragés, la luminosité générale est assez faible, ça va être facile!
On va procéder de la manière suivante : obscurcir la scène et éclairer (à l’aide d’un flash) seulement le sujet.

Comment obscurcir la scène ?

Étant donné que l’on souhaite utiliser le flash par la suite, on va devoir utiliser une vitesse plus lente que la vitesse maxi du flash. Cette vitesse dépend de votre appareil et de votre flash, mais pour la plupart des reflex, il est possible de synchroniser le flash à 1/150 ».

Réglez donc la vitesse à 1/150 puis faites varier l’ouverture et/ou la sensibilité pour régler l’exposition de l’appareil sur la scène générale ; de manière à obtenir une image très sombre, avec tout de même quelques détails infimes.

Le résultat recherché expliqué de manière compliquée : un équivalent des zones I et II du Zone-System soit entre -3 et -4 diaphragmes.
Si vous ne connaissez aucun de ces deux termes, faites des essais jusqu’à obtenir le résultat expliqué de manière simple (attention terme technique inside ) : entre le presque noir et le vachement foncé !

Astuce de ouf : si vous avez un filtre gris neutre ou polarisant sous la main il vous permettra d’obtenir un résultat similaire d’exposition avec une ouverture plus grande (petit f) si vous le souhaitez.

Je me suis retrouvé avec le réglage suivant :

f/5.0 /  200 iso / 1/200 » mais cela dépendra de la lumière ambiante pour chaque situation.

Comment éclairer son sujet  ?

Maintenant qu’il fait bien nuit (la nuit américaine ?) il nous reste à allumer la lumière au bon endroit…

Ce qui suit dépend énormément de ce que j’avais (ou pas) sous la main… Le principe étant surtout de s’adapter avec les moyens du bord !

Position :

J’ai avec moi : mon réflex, un flash (SB600) pouvant être déporté et pas de trépied…
N’ayant pas de trépied, la place toute choisie du flash est : sur la table du café, posé la tête orientée vers l’avant à environ 45°. Le sujet va donc être éclairé par le bas de face ou légèrement décalé.

Puissance :

Je règle mon flash en manuel ! Au lieu de compliquer les choses, je vous rassure, ça les rend plus simples.
Je tâtonne  :

  • en le mettant à 1/4 > trop fort !
  • en le mettant à 1/8 > encore trop fort mais on approche du but !
  • en le mettant à 1/16 >parfait !

En trois photos on a un flash parfaitement réglé au niveau de la puissance !

Si on avait utilisé le système  TTL du flash en variant à peine le cadrage lors de la mesure on se serait retrouvé avec des puissances effectives qui changent à chaque essai, cela aurait été plus dur (voir pas possible) de trouver le bon réglage.

Rendu :

Les ombres sont trop nettes, la lumière est trop dure à mon gout. Je décide donc de diffuser la lumière… Évidemment ni parapluie, ni softbox sous la main, je place donc le flash dans un sac plastique blanc, et voila le résultat est correct !

Si le diffuseur absorbe trop de lumière il faudra légèrement remonter la puissance.

Si vous n’avez pas de flash déportable sachez que vous pouvez tout de même utiliser votre flash intégré et pour le diffuser un bout de mouchoir en papier blanc peut faire l’affaire ! Vous obtiendrez une lumière plus frontale mais le principe d’éclairage sujet / assombrissement du fond restera valable.

Attention si vous utilisez votre flash intégré : n’oubliez pas qu’en bougeant vous bougez votre flash et qu’il faudra rester à distante constante du sujet lors de la mesure (ou des tests) et de la prise de vue.
En diminuant la distance flash-objet par 2 pour multiplier l’intensité lumineuse par 4. Un pas de plus ou de moins peut donc vous faire passer de trop clair à  trop sombre.

Technologie électronique de pointe, aide moi !

Flottant depuis le début de cet article entre le domaine du à l’arrache et celui du au pif, il est évident qu’un petit passage sur l’ordinateur va permettre d’obtenir un bien meilleur rendu.

Le mieux dans tout ça, c’est que parce que l’on savait ce qu’on voulait obtenir au final, on a bien fait les réglages ! Et que donc cette « retouche » va être réglée en 2 coups de cuillère à pot !

On met la photo dans son logiciel de développement numérique préféré (LightRoom en ce qui me concerne). Si on n’en a pas, on se renseigne vite dessus dans Google ainsi que sur l’intérêt de faire des photos en RAW).

On met l’image en noir et blanc, on renforce le contraste et on va ajouter du noir. En augmentant les noirs, on va boucher toutes les parties sombres de l’image (le fond donc puisque celui-ci n’est pas éclairé par le flash), et voila, 2/3 réglages de luminosité et voila la photo est terminée !

Pour finir

On traite les deux images de la même manière pour avoir un rendu homogène (sachant que les réglages du flash et de l’appareil n’ont pas changé entre temps) et on les assemble pour obtenir cette mini « Série noire ».

Comme quoi on peut souvent se débrouiller avec ce qu’on a sous la main ;)

2 Comments

  1. Posté le 5 octobre 2011

    Quelle débrouillardise!
    Le coup du sac plastique blanc, je retiens car ça peut dépanner!

    Merci de partager tout ça avec nous!

    • 01 Portable
      Posté le 10 octobre 2013

      Merci pour ces précieux conseils, le résultat est très professionnel.

One Trackback

  1. By Un studio très Rock’n’roll > Photo Decryptage on 29 décembre 2011 at 15 h 03 min

    [...] ben oui, mais bon maintenant que vous avez compris que régler un flash en manuel c’est vraiment pas compliqué, est-ce vraiment la peine d’aborder ce sujet ? Au cas où, allez lire le paragraphe [...]

Une question, une remarque, une suggestion...

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