La photo de concert, c’est plein de lumières

Conditions difficiles

Avant toute chose n’oublions pas que le principal problème de la photo de spectacle en général n’est pas photographique mais logistique : il va falloir réussir à rentrer dans la salle avec son appareil.

Comment entrer avec son appareil ?

Pour cela il y a différents moyens en fonction des lieux

  • Connaitre personnellement le groupe ou l’artiste
    (amitié sincère, connaissance de votre mère, ex-PQR,…)
  • Avoir demandé une accréditation et l’avoir obtenue
    (ton oncle travaille à la gazette locale ?)
  • Avoir son beau-frère qui gère la sécurité
    (avoir une grande famille est souvent un avantage)
  • Aller voir un groupe vraiment indé qui s’en fout qu’on le prenne en photo
    (punk only ?)
  • Aller voir un groupe qui se la pète pas tel que NNBS
    (en leur demandant parfois ils acceptent… il ne vous restera plus qu’à vous battre avec la prod’, les vigiles, le chef des vigiles, le directeur du centre culturel, le gars de la buvette, le clochard à l’entrée, j’en passe et des meilleures)
  • Aller voir les groupes dans les pubs
    (mais souvent les lights ne sont pas au rendez-vous)

Vous voila entrés… après toutes les galères précédemment citées, il va falloir assurer…

Où se placer ?

En règle générale, plus vous serez près de l’action et mieux cela sera.

Une fois de plus avec la photo il s’agit de trouver le meilleur compromis entre « J’aimerais être là » et « Je ne pourrais jamais être là où je veux« .
Si vous n’arrivez pas à être au premier plan de l’action (trop loin, trop de monde,…) pensez à utiliser votre environnement pour faire des photos sympas.

La photo ci-dessus illustrant l’article en est un bon exemple : quelques jeunes furieux aux dreads volantes permettent d’avoir une vrai photo d’ambiance, leur silhouettes se dessinant joliment sur la lumière on-stage.

Comment régler mon appareil ?

Bien qu’elles soient un mix de conditions difficiles, les scènes de spectacles n’en sont pas moins de très belles opportunités de réussir des photos assez saisissantes…

Merci l’ingé light !
Premier moyen de rendre hommage à cette personne qui sculpte pour vous lumières et fumées : bloquez votre flash sur OFF !

Souvent je l’aime le flash, mais là franchement, c’est typiquement le genre de situation où il vaut mieux ne pas faire de photo plutôt que de faire une grosse bouze flashée avec yeux rouges, éclairage de fumée qui cache la scène et premier plan insolemment blanc. (Évidemment je me ferais mentir moi-même quelques paragraphes plus bas…)

Mais ces zolies lumières ont aussi la propriété de bouger tout le temps (direction, couleur, intensité). De quoi rendre folle la plus placide des cellules d’exposition.

Certains vont trouver que je me répète mais je préconise (encore) d’utiliser le mode Manuel d’exposition…

Pourquoi ?

Parce que ! Parce que disons que vous vous apprêtez à faire votre photo, et là un spot éclaire votre appareil, celui-ci se dit (oui, il converse avec lui-même, pas vous ?) : « Oulala, y a grave de lumière ici !« , il vous fait un réglage et hop, une demi-seconde plus tard, le spot s’en va et vous vous retrouvez avec une photo toute noire… Car d’un coup il n’y a plus de lumière.

A l’inverse : pas de lumière, il se dit « Mais punaise il fait noir ici, je vais mettre 2h30 de temps d’ouverture ! » vous déclenchez et hoooo ; la belle photo toute floue et toute blanche…

Donc : régler votre appareil en manuel, privilégiez une grande ouverture (petit f), et montez vos ISOs si il vous faut un temps de pause trop long (au max de ce que vous permet votre appareil en gardant une image pas trop mauvaise, ça dépend des modèles).

N’oubliez pas que vous pouvez un peu sous-exposer vos photos, ça n’est pas grave si certaines parties ont des noirs complètements noirs, on s’en fout du coin de scène entre l’ampli et la cymbale, ce qui compte avant tout c’est votre sujet (zi artist) qui sera lui souvent bien éclairé).

Si vous avez beau monter les ISOs et que le temps de pause est toujours trop lent pour avoir une image nette (flou de bougé) enclenchez la stabilisation de votre objectif (s’il y en a un) ou trouvez un moyen pour bouger moins :

Le résultat :

Une fois que vous arrivez à trouver (à tâtons) une exposition convenable, vos photos vont enfin refléter la réalité de l’ambiance à l’instant où vous déclenchez : quand un spot arrive sur vous, un beau rayon de lumière, et quand la scène est sombre une photo sombre que certains n’hésiteront pas à qualifier de mystérieuse.

Un peu de créativité !

N’hésitez pas à placer les lumières derrière vos sujets, les fumées de la scène vous offriront tout de même de jolies lumières…

Lorsque que les lumières sont plus modestes, essayez d’ouvrir votre objectif au max (focale fixe !) et de jouer sur les bokehs (flous d’arrières plans) pour agrémenter votre photo.

Si le flash n’est plus une option car vraiment même un chat n’y verrait rien, pourquoi pas mettre une cannette de bière (en verre bien sûr) devant le flash pour créer une ambiance complètement zarbi ?

Pour conclure avec les photos de concerts

Essayez des trucs, soyez créatifs, déplacez vous, faufilez vous…
et profitez quand même un peu du spectacle !

One Comment

  1. stefouille
    Posté le 26 octobre 2011

    comment rentrer avec son appareil : connaître les Maskes Feuillus, des fois ça aide ;-) trèèèèèsssss bon article !!!

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